A présent, comment résumer cette longue semaine qui m'a tant apporté? Résumer n'a jamais été mon fort, n'est-ce pas?
Depuis mon dernier article, mon hôtesse Virginia avait décidé de rester un jour de plus ici. On est sortis boire un verre avec des amies, puis il s'est passé un truc qui mérite une explication, par ailleurs cocasse .
Ici a Tucuman, le nouveau gouverneur, avide de nouvelles amitiés, a pris il y a deux ans la décision éminemment populaire de fermer les boites de nuit à quatre heures du mat'. Soi-disant par mesure de sécurité, suite à un fait divers aussi sordide qu'isolé.
Entre autres résultats, les jeunes s'activent vers trois heures pour trouver LA meilleure soirée clandestine de la nuit. Les lieux changent d'une fois à l'autre et seul fonctionne le bouche à oreille. Ca met une bonne ambiance, tout le monde parle avec tout le monde. Je finis dans une voiture avec cinq personnes qui se connaissent à peine, et après un passage à une « after » qui ne tient pas ses promesses, Mariana nous invite à venir vider le bar de son papa. Et comme c'est proposé de bon coeur...

Je pensais pas qu'on pourrait atteindre un tel niveau d'ambiance en dansant à six autour de la piscine! Notez que j'ai largement payé de ma personne pour contribuer à l'ambiance... En retour,
Diego à tenté de m'apprendre à danser la samba; enfin, je crois...
Le lendemain, je rentre chez Virginia vers les huit heures. Elle est sur le départ, mais je peux rester, parce que son frère squatte chez elle de toute façon.
Une bonne sieste et zou, visite de la ville et de son parc. J'aime bien les parcs...
Ils reflètent bien le style de vie des habitants. Celui-ci est rempli à ras bord de joueurs de foot. Pelouses gigantesques divisées en de nombreux terrains improvisés; je regrette de ne pas avoir pris de photos, c'était rigolo, ça grouillait de shorts et de T-shirts numérotés. De nombreuses familles qui sirotent paisiblement le maté, également.
Ballade dans le centre. C'est ici à Tucuman que fut signée la déclaration d'indépendance du pays. La ville revêt une importance historique toute particulière, les locaux en sont très fiers, et de fait, quelques bâtiments de toute beauté encerclent la place principale. La maison du gouvernement, un cathédrale de style néoclassique (plutôt inattendu) et quelques immeubles d'influences diverses: coloniale espagnole, italienne et française.
Le soir, je décide enfin de m'acheter un gsm. Je suis un peu las des plans compliqués et des incessants coups d'oeil sur internet pour m'organiser avec les gens que je rencontre.
Paula m'appelle, on devait faire un asado chez Mariana, mais ça tombe à l'eau. Donc on décide de faire une sieste, et de sortir après. Elles viennent me chercher une voiture à trois et on arrive à une de ces fameuses soirées clandestines. Sympa, et je rencontre Rodrigo, un chouette gars. Je devrais penser plus souvent à manger avant de passer au vodka-red bull...
Le lendemain, on passe la journée ensemble, avec Paula, Rodrigo et sa petite amie Sofia. Ils me font goûter à diverses viandes, dont une saucisse, que je sais pas ce qu'il y a dedans, mais purée, qu'est-ce que c'est bon! Puis ils me promènent dans les alentours de la ville. Ca grimpe et le climat change du tout au tout. L'accablante chaleur de la plaine cède la pas à une douce fraîcheur qui draîne la moitié de la population hors du centre en cette fin de semaine.
Un Christ de trente mètres de haut niché sur une colline, un superbe panorama, au sommet d'une montagnounette d'où s'élancent des parapentistes. Là, on s'arrête pour prendre le maté et manger les empanadas sucrées (à la confiture de cayote, une sorte de... potiron!) et les gaufrettes au dulce de leche que j'ai achetées en chemin. Puis visite d'un couvent et dégustation de fromage qui heureusement ne tient de la semelle que son apparence. Et enfin, sur le retour, arrêt au bord d'une rivière à la végétation luxuriante.
J'ai encore passé une nuit dans une boîte gay, et pourtant je jure que je ne l'ai pas cherché. Rodrigo y est le DJ résident. Enfin, cette fois j'étais avec Paula.
Une superbe créature me faisait les doux yeux de temps en temps. J'ai longtemps observé sa pomme d'adam avec une profonde amertume. Au passage, vous êtes nombreux à me mettre en garde contre ce genre de désagréable surprise au Brésil. J'en prends bonne note, et comme vous pouvez le constater, je m'entraîne sec pour ne pas - plus ;-) - me laisser berner.
Sinon, c'était une soirée spéciale, parce que la patronne venait de recevoir le prix de la meilleure meneuse de revue d'Argentine. On a eu droit à un show assez rigolo, même si j'ai pas bien compris les paroles des chansons.
A quatre heures pétantes, même en connaissance de cause, ça m'a fait tout drôle: la musique s'est subitement arrêtée et les gens se dirigent tous vers la sortie comme s'ils quittaient une salle de cinéma. Il faut dire qu'il y a un flic en faction à l'extérieur de chaque discothèque qui vérifie l'application de la directive du gouverneur.
On est resté tout seuls à l'intérieur avec le petit groupe d'amis de Rodrigo, et j'ai eu la joie, le plaisir , l'honneur et l'avantage de papoter avec la maîtresse de lieux, fort belle au demeurant, surtout pour un homme de son âge. Je l'ai félicitée pour son trophée, et elle s'est mise à papillonner dans tous les sens. Mignon.
Au sortir de la boîte, je papote avec Gabriel, ami de Rodrigo et DJ lui aussi. Il m'invite chez lui le lendemain soir. Ce sera une soirée entre mecs: discussions, boissons et playstation (vous aurez remarqué que prononcé à la française, ça rime!). Activités saines et relaxantes s'il en est. Jusque six heures du mat', quand même.
Puis comme promis à Jose avec qui il m'aura fallu un nombre impressionnants de SMS pour m'organiser, on a rencard à neuf heure du mat'.
J'arrive sur place dans un état léthargique, mais lui est en pleine forme! Bon comme le pain, et se souvenant de nos longues conversations politico-historico-blablabliques à Buenos Aires, il a la ferme intention de m'instruire. C'est parti pour la tournée des musées! Très vite je reprends du poil de la bête. Ce jeune architecte de 22ans est passionné et passionnant. Il aime sa ville et me la fait partager. Il est intarissable! A compter de l'indépendance, tout le patrimoine architectural espagnol fut renié et souvent détruit. Les riches propriétaires se firent construire des demeures à l'italienne et à la française. Beaucoup de maisons furent peintes en couleur en signe d'affranchissement par rapport aux maisons blanches de style espagnol.
Il me conte l'histoire de ce gobelet finement ouvragé découvert par un ouvrier qui creusait le sol et qui l'a bien cabossé avec sa grosse pelle. L'objet fut volé dans le musée même et retrouvé par un touriste érudit de Tucuman qui le reconnut chez un antiquaire... en Espagne!
Grâce à Jose, j'entre dans le palais du gouverneur, et jusque dans le salon de réceptions officielles, largement inspiré du château de Versailles. Cossu, non?
On se quitte en aprèm et je m'offre une nouvelle sieste.
Le lendemain, Rodrigo, Gabriel et son frère Pablo m'invitent à passer l'après-midi au bord d'une rivière. Autre endroit très populaire, et pour cause: le cadre est superbe et l'eau incroyablement rafraîchissante par cette journée torride.
Je comptais quitter Tucuman définitivement mais les garçons, tous trois DJ, me promettent un week-end de feu si je reste. Ben, dans ces conditions... j'irai tuer le temps à Tafi del Valle, lieu de villégiature très prisé des tucumanosquais (parfaitement!), en attendant jeudi soir.
Le soir, je rencontre à l'hostel un groupe de filles et deux garçons avec qui on discute jusqu'à pas d'heure. J'étaye mon vocabulaire espagnol avec tous ces mots indispensables qu'on ne nous apprend pas à l'école.
Au retour, on se fait un excellent resto où je goûte à des spécialité locales: empanadas, locro (bouillabaisse de maïs et de diverses viandes), et potiron confit en dessert. Le plein de calories pour un prix ridicule!
Après, je fais une petite sieste de quatre heures. Il faut dire que cette petite saleté de soleil m'a cuit chaque centimètre carré de peau que j'avais laissé à découvert.
Le soir, je papote à l'hostal avec Paula, Ana et Pablo qui mangent leurs tartines.
Puis, une fois n'est pas coutume, je m'offre un resto tout seul: je voulais absolument goûter la humita, une bouillie épicée à base de maïs qui tient toutes ses promesses. J'en profite pour compléter cet article et envoyer des sms, tout en livrant bataille aux moustiques.
Au retour, je continue à papoter avec les trois porteños. Ils me pèlent un peu avec une conversation sur l'insécurité à Buenos Aires. Je leur oppose que j'ai parcouru la ville en tous sens aux petites heures du matin sans l'ombre d'un souci. Ils admettent qu'ils sont en partie victimes d'une psychose alimentée par la presse qui les abreuve de faits divers choquants. C'est malheureusement tellement vrai. Les médias ici sont encore plus déprimants que par chez nous. Bon, voilà, petit coup de gueule donc.
Ca ne m'a pas empêché de dormir, et j'ai eu beaucoup de peine à me lever à l'aube, mais je m'étais promis de retourner au point de vue prendre des photos du lever du soleil. J'ai pas été déçu, les couleurs de le montagne et des nuages sont évidemment infiniment plus belles. Et surtout, le temps s'est couvert en un instant; j'ai vu une immense masse nuageuse se faufiler à grande vitesse entre deux collines, et envelopper tous le village en contrebas. Bon, comme j'étais posté sur une des deux collines, j'ai effectué le retour dans une brume épaisse, sans apercevoir le moindre caillou à plus de cinq mètres devant moi. Une expérience enrichissante!
Ensuite, je marche une heure sous la pluie battante jusqu'au musée des légendes locales, où le sympathique propriétaire disserte sur la symbolique des mythes locaux et les met en parallèle avec de grands mythes occidentaux. Il m'apprend qu'anciennement, un test de grossesse assez répandu consistait à faire ingurgiter l'urine de la patiente à un crapaud. Si la femme était enceinte, la pauvre bestiole réagissait aux hormones féminines ainsi absorbée par une érection. Et qui c'est qui se transforme en prince charmant dans nos contes? Troublant non?
Le couple adorable qui suit la visite avec moi me ramène au centre. Ils insistent pour que je les accompagne dans leur visite des environs, mais bien que je les trouve charmants et très cultivés, je suis obligé de décliner et d'attraper de justesse un bus pour rentrer à Tucuman faire la fête avec mes amis.
Mes derniers jours à Tucuman peuvent se résumer à ça: sorties, dodo, sortie dodo.
Et un excellent resto avec ma chère Paula. Je pense avoir ingéré mon propre poids en diverses viandes, toute plus succulentes les unes que les autres: steak, saucisses, boudin et autre ris de veau à la parrilla...
Côté sorties, promesses tenues: Gabriel, mon guide de la nuit, connaît tout le monde et a ses entrées, et ses boissons gratuites, dans de nombreux endroits. Hier, il est parvenu, presque à mon insu, à me torcher au fernet-coca avant même notre tournée des boîtes. Résultat, j'ai des numéros de demoiselles sur mon portable dont je ne me souviens que très, mais alors très vaguement...
Bon, à force de sortir, j'ai forcément récolté le matériel de quelques anecdotes un poil plus sulfureuses qui feront la joie de mes petits-enfants durant les longues soirées d'hiver, si tant est que j'en aie un jour, mais vous m'autoriserez à les laisser à votre libre imagination.
Le fait est que cela m'a vraiment beaucoup coûté de laisser derrière moi Tucuman, des potes, la fête et une amie désormais très chère.
Mais outre l'appel du carnaval de Rio, une excellente raison m'en a donné l'impulsion: j'ai contacté mon ami Samuel de Cordoba, et il se rend à Jujuy en fin de semaine. On s'est donné rendez-vous samedi à Salta, et de là, il m'emmène avec sa petite amie à la découverte de sa province. J'ai hâte de le revoir, mon ami le nounours! J'en ai des choses à lui raconter.
A ce propos, j'ai commencé à tenter de me familiariser avec le portuguais, dans le petit jardin de mon hostal, grâce au dico que m'a offert Tof (obrigado!). Jolie langue, mais qu'est-ce que la prononciation est rebutante, de prime abord!
Dernière nouvelle, des plus agréables et importantes, mon ami Samuel arrive à Jujuy, plus au Nord, samedi prochain. Le programme est fixé: il passe me prendre à Salta, plus au nord aussi, mais moins que Jujuy, (me fais-je bien comprendre?) et m'emmène visiter les chaînes de montagnes colorées de cette région.
Je me réjouis d'avance de les revoir, lui et Silvana, ainsi que Guillermo d'ailleurs!
De même, Jeffrey m'a encore confirmé que Rio est prête à me recevoir, et qu'il a plusieurs amies qu'il aimerait me faire rencontrer! Bon, Jeffrey, si tu insistes...
So, I'm late again with the English version, huh?! Let's catch up again!
Leaving Cordoba after three weeks of partying and emotions, I tought I'll get back to a more regular traveller's life made of visits and landscape shooting.
But fortunately, Virginia who agreed to lodge me for two days, took me out to meet some friends. Well, the first night, some friends came home and we spent a nice and quiet evening. Vir' is amongst the most energic and funny persons that I have met. And a beauty, which doesn't spoil the rest. A little too stressed out maybe...
The next day, I was stuck in her apartment, and she came back home late. Maybe it's to make up to it that she introduced me to all of her girlfriends, among which Paula. Useless to say I just LOVE this picture!!
After a drink, the group splitted and I found myself in a car with Paula and a few people I didn't know. I understood later on that most of them hardly known each other either. The idea is that a recent law forced the clubs to close at 4 AM. Young fellows are not yet admitting this new schedule and they're gathering at night hoping that someone has heard of an underground party. In our case, we headed to a place that did not seem fun, and ended up in one of the girl's house.
Amazing how a few people gathered around a pool can have so much fun! I guess that Marina's father generous bar has something to do with the good time we shared that night.
Came back at Vir's apartment at 8 AM, just in time to say goodbye, as she was going to Buenos Aires. But here brother was hanging around, so I could stay a while more for a nap!
Then I went for a walk in the city and a huge park that is said to gather the larger number of French sculptures in South America. People here are also very proud to mention that it is the third largest park of the continent. Argentinian just love to compete! What they don't like on the contrary is respecting the rules! Forbidden to bath? You bet!!
At night, Paula arranged for us to go out with her friends in one of these famous clandestine parties. Good vibe, fun place, and I met Rodrigo, who is DJ in a club that is celebrating a special evening on Sunday, so he invites me, and, oh, last detail, it's a gay club... again!!
During daytime, Rodrigo kindly invites us – Paula and me – to join him and his girlfriend at their place; they offer me some of the best meat I ever ate so far, and they tour me around the city, in very refreshing green hills that offer some more shade and a few less degrees than the centre of the city. Like many other citizens, we sat on the grass to drink the mate, this very bitter herbal tea. It's a ceremony on its own! The one in charge of preparing it pours hot water on the pot, stuffed with a bunch of herbs and sugar and hands it over to one of his friends who drinks it, using the special straw that gos with the pot. The latter gives the pot back to the "master of ceremony" who repeats the process for the next one. I should definitely take a picture of this next time, instead of a picture of Sofia eating one of the melted ice-creams that obviously did suffer a lot from the trip in the car...
Next night was all about good music (of course, Rodrigo was playing it!), a funny travesti show, and lots of beautiful women with an Adam's apple just a little too developped to my taste...
At least, I met there Gabriel, a friend of Rodrigo who invites me at home the next night. With his brother, Rodrigo and another friend, we'll be playing videogames and chatting about the usual issue: women, women, women... until 6 AM.
Hard enough to wake up three hours later, but my friend Jose - whom I initially met in Buenos Aires only could make it in the morning, and I absolutely wanted to see him again. This young architect is found of history and is willing to show me around and he arranges a tour of every open museum. Couldn't dream of a best guide. He knows his city as well as he loves it. He tells me a lot of stories and he'll even succeed to take me inside the official reception room of the Government House!
Next day, Rodrigo, Gaby and Pablo offer to take me to the river. We go there with their mopped, and this trip makes me miss my bike! Sun, wind, freedom!! We spend a great afternoon in the refreshing water, and got back to town to have a giant hotdog! Though the sausage is a Frankfurt, this is a very typical food in Argentina, and the particularity is that they stuff the bread with plenty of different ingredients - sauces and vegetables.
The boys promised me that if I stay in Tucuman for the week-end, I won't have to regret it. So I headed to Tafi del Valle, a touristic village for two days and get back in town for Thursday evening.
In Tafi, I didn't do much apart of shooting the landscape from a magnificent point of view and eat humita and locro, delicious typical dishes both based on boiled corn and a mix of various meats and other unidentified ingredients.
I also paid a visit to a funny museum about local legends and tales in a small house in the outkirts of the city – an hour walk under pouring rain to get there, but the guided tour made it worth the effort. The owner of the place is passionate about symbolism in fairtales and gave an accurate lecture and comparison of several myths from here and Europe.
Then back in town, my friends keep their promise and the last two days are all about partying and recuperating. And going to a fine restaurant in very good company. And starting to « study » Portuguese while taking sunbath in the garden of my hostal. And a few spicier anecdotes that I leave up to your imagination...
Life has been very good to me in Tucuman, and it killed me to leave this place.
I'll leave the rest for the next post, including the visit of the ruins of an Indian town and fortress, and a journey through an amazing and colourful valley. It will be a nightmare for me to select the best pictures amongst all the ones I took out there...













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