Ensuite, une halte d'une nuit également à Cafayate, où je rencontre Emilie, une française qui vit à Tucuman depuis un an, et Michelle, son amie argentine. Gentille soirée, bon resto et bar à cocktail au bord de la paisible place centrale de la petite ville. Tiens, j'ai de nouveau traîné mon appareil dans mon sac et pas pris de photos pour autant...
Le lendemain, je participe à une excursion qui parcourt une partie de la route qui mène à Salta. Le chauffeur me laissera d'ailleurs à la fin au bord de la route où j'attraperai un bus pour la capitale de la province homonyme.
Les concrétions rocheuses dans cette zone sont proprement impressionnantes, même si certaines rappellement furieusement celles que j'ai déjà pu admirer dans la vallée de la lune. La particularité de ces formations réside dans la présence de nombreux minerais différents - fer, cuivre, soufre... - qui donnent au paysage une coloration féérique.
En fin de journée, arrivée Salta. Surnommée "la linda", la belle, cette ville est une des seules d'Argentine qui a conservé de nombreux vestiges de l'époque coloniale. Cela dit, on m'avait tant vanté ses charmes que je ne suis pas fasciné. Bâtiments d'influence espagnole bien sûr, mais aussi française.
Sa place centrale est coiffée d'une cathédrale décorée façon bonbonnière, du plus bel effet. Elle en jette tellement qu'on note à peine l'étrange bâtiment tout de vitres vêtu qui la jouxte.
De jour, j'ai arpenté les rues commerçantes grouillantes de monde, j'ai entrepris l'ascension des mille septante marches qui mènent au point de vue sur la colline qui domine la ville.
Mais ici aussi, mon bilan au bout de quatre jours se résume à plus de sorties et de grasses matinées qu'autre chose. Il faut dire que dés ma deuxième soirée ici, j'ai rencontré Nancy, une maman trentenaire, célibataire, et un peu fofolle avec qui j'ai passé beaucoup de temps, et qui réussira l'exploit de me clouer le bec durant une soirée entière au restaurant, ce qui vous l'avouerez relève de la gageure.
Cela dit, ce soir-là, elle me conta sa vie comme s'il s'agissait d'un feuilleton télé d'ici, à grands renforts de gestes et de cris lorsque trompée, elle faisait une scène à l'un, ou délaissée, elle suppliait l'autre de lui revenir. Mais elle ponctue toutes ces tranches de vie par de grands éclats de rire rauques, parce qu'elles appartiennent au passé.
A son contact, j'ai appris pas mal de choses très intéressantes sur la mentalité des gens du nord (mais non, pas les chtis, un peu de sérieux que diable!) et pour tout dire, je ne me suis vraiment pas embêté avec cette diva de soap-opéra!
Le dernier après-midi que je passe à Salta, Nancy m'apprend à confectionner les fameux biscuits de maïs au dulce de leche dont je me suis gavé jusqu'ici. Y'a plus qu'à trouver du dulce à mon retour en Belgique, ou à cuire du lait et du sucre pendant quatre heures en touillant régulièrement....
Je quitte la ville avec un sac plein de ce petites gaufrettes, et j'envoie dans le bus des messages à Guillermo et Samuel qui m'appellent tous deux.
Guillermo est malheureusement retourné à Cordoba, mais qu'à cela ne tienne, il insiste pour que je loge chez sa maman, Adèle. Samuel est déjà arrivé à Jujuy et me rencontrera le lendemain.
Adèle est un sucre! Elle s'excuse de m'appeler « hijo (mon fils) à tout bout de champ, « mais tu comprends, tu as l'âge de Guille »! Et de fait, elle me traite comme un fils, me fait à manger, et ne tarit pas de compliments à mon égard – je suppute que le fiston, qui téléphone deux fois pour s'assurer que je suis bien arrivé, avait préparé le terrain.
Je rencontre également sa soeur, qui m'annonce d'entrée de jeu qu'elle est très bavarde, et je papote avec elle, sourire en coin, parce qu'à ce jeu elle n'arrive pas à la cheville de Nancy.
Le lendemain, je me balade dans la ville, et Sam me donne rendez-vous en milieu d'après-midi. Avec sa compagne Silvana, on part à la campagne visiter un peu de famille dans un petit village. Autour de la grand-mère se réunit un club de mamies rigolotes, dont une nous récite de la poésie. On grignotte dans cette ambiance touchante.
Au retour, on admire un beau coucher de soleil dans les collines et le lendemain, c'est parti pour une virée dans l'extrême nord du pays, et au Chili.
A noter que je n'avais pas prévu d'y mettre les pieds, et que ça fait quand même deux fois qu'on m'y traîne. Ambiance moins romantique qu'avec Nora, cette fois, puisqu'on embarque l'oncle et trois cousins de Sam. Enfin, ils viennent avec leur voiture.
On m'avait vanté les paysages hallucinants du nord-est, et de fait, je reste collé à a vitre pendant de longues heures, incrédule.
En une journée de voyage, je vais voir des routes en lacet à travers des montagnes aux couleurs... (absurdes, comme dirait Ivan!), un désert de sel (même que j'ai pris la photo avec du sel dans la main tellement j'en revenais pas d'en voir une couche pareille au sol), un volcan, une route rectiline infinie traversant un désert, un bébé tornade (à distance respecteuse!), des geisers, des ânes, des lamas et des vigognes en bord de route, des rapaces tournoyant dans les airs, des lacs couverts de mousse vert fluo, et finalement un beau coucher de soleil sur la mer. Plein la vue en moins de deux tours d'horloge, et c'était loin d'être fini!!
Après une nuit de camping sur la plage (enfin, n'avait pas de place dans la tente de Sam, alors qui c'est qui n'a passé la nuit tout recroquevillé dans la tuture?), on passe la journée à la mer; j'en profite pour faire le plein de coups de soleil, et pour écraser une méduse qui apprécie moyennement, si j'en juge par la fulgurante douleur et la réaction cutanée assez violente qu'elle m'inflige en retour. Jolie méduse, pourtant. Vous saviez que les méduses foncent de couleur quand elles meurent? Le genre de révélation qui peut à jamais changer le cours dune existence, je sais...
Le soir, on se rend dans une ville dans laquelle Sam tient absolument à faire du shopping hors taxes le lendemain.
Au restaurant, je commande un ceviche mais le plat qui arrive est petit, bourré de tomates, extrêmement pimenté, et on y devine à peine quelques malheureux morceaux de poisson sans goût. Je n'en arrive pas à bout et gorge en feu, je m'apprête à réclamer, quand arrive un autre plat. Tiens, tiens, on dirait du ceviche?! Ah bon? C'est donc une sauce au piment qui est train de me trouer l'estomac...
Le tonton et les cousins nous rejoignent très tard, toujours à la traîne. Il faut dire que dans sa toute nouvelle voiture, l'ami Sam roule à tombeau ouvert et je crois plusieurs fois avaler mon bulletin de naissance dans ces petites virages serrés en bord de côte. Et il ose dire que je roule vite quand je prends le volant...
On passe comme prévu une journée entière dans un gigantesque centre commercial. Sam montre enfin son vrai visage de bébé joufflu avide de nouveaux joujoux. Il s'achète une caméra dernier cri, une voiture et un hélicoptère télécommandés. Pour ma part, je ne casse pas mon cochon, si l'électronique est ruineuse en Argentine, elle est tout juste abordable à Iquique, paradis hors-taxes chilien. Je me contente de deux pantalons avec des tirettes tous azimuts qui me font un beau petit cul d'après la vendeuse (mais allait-elle me dire le contraire?).
Le soir, on baptise et on dégomme joyeusement l'hélico contre tous les arbres, buissons et murets que le malheureux appareil ne parvient pas à éviter (une session complémentaire de cours chez Didier s'impose!).
Puis on barbote dans la piscine (je m'impose cette fois dans un concours de poirier sous-marin – y'a pas à dire, j'assure!). Et pour couronner la soirée, bon resto de poisson et enfin une discussion agréable, tous réunis. J'ai pris un amaretto sour et je jure que j'ai murmuré "Viva Chile, mierda!" Ca compte, Carla?
Le lendemain va achever de me faire changer d'opinion sur le Chili (j'étais pas séduit d'entrée de jeu par la sécheresse du désert d'Atacama et la laideur de San Pedro). C'est une ritournelle dans ma bouche, mais c'est fou ce qu'on apprécie mieux un événement inattendu: nous étant arrêté au port pour photographier des pélicans, on décide à brûle-pourpoint de faire un tour en bateau. Sur le ponton, un lion de mer se dore au soleil!
Il y en a plein d'autres dans l'eau. Détail cruel et cocasse à la fois: une pléïade de gaviottes un peu tartes tournoient autour d'un de ces mammifère marin dans l'espoir de profiter des restes de son repas, qui n'est autre qu'une gaviotte!
Durant la balade en mer, on pourra observer une armada d'oiseaux (que je n'ai pas reconnus) agglutinés sur une épave de navire, des pélicans par dizaines, un cormoran (si je ne m'abuse) perdu sur une plateforme bizarre, des méduses comme s'il en avait plu, et tout près du port, une colonie de lions de mer dont je prends un petit film, alors que deux mâles se disputent le bout de gras (heu, pas gentil pour la femelle, ça) avec virulence.
Puis, retour sur le ponton où sont à présent vautrés deux spécimens un mâle et une femelle. Je fais de plein de photos à une distance très imprudente (je fais toujours beaucoup trop confiance en la nature paisible des animaux).
J'entame un petit film alors que le femelle explique au mâle que les chaussettes ne lévitent pas toutes seules jusqu'au panier à linge, mais soudain, sans crier gare, elle se met en tête de me charger! N'écoutant que mon courage, je détale comme un lapin sous les rires et les acclamations de la foule en délire. J'exagère à peine. Je ne peux que vous enjoindre à vous passer en boucle ces quelques secondes qui à ce jour restent ma pièce maîtresse en tant que vidéaste, et qui me font personnellement d'autant plus rire qu'elles ne m'ont pas coûté une jambe.
Ensuite, on s'est doucement mis en route. J'ai dormi comme un veau à l'arrière . Je devais prendre le relais la frontière mais à deux heures du mat', la douane chilienne était fermée. J'en ai profité pour faire une séance de photos astronomiques qui n'ont pas vécu à la hauteur de mes attentes, à l'inverse de l'inroyable ciel étoilé qui s'offrait à ma vue. Je n'avais jamais pu si bien observer la voie lactée que ce soir-là; ah, la pureté du ciel à quatre mille trois cent mètres d'altitude...
Puis le petit matin, la route en lacets, allumettes dans les yeux. Les troupeaux de vigognes, dont il se trouve toujours une pour rester pétrifiée en plein milieu de la route, à te regarder avec ces yeux bovins qui transpirent l'incompréhension la plus totale. Bêêêête animal, tu dégages de la route, ou on t'invite pour un asado?
Parlant d'asado, on invite la maman de Guille et on en fait un le dernier soir chez les parents de Sam.
Mais avant ça, avec Sam et Silvana , on retourne se délecter des incroyables paysages de la région, au nord de Jujuy, et des spécialités locales. Sam s'amuse beaucoup de me voir photographier mon steak de lama après avoir pris un cliché d'un mignon petit spécimen bien campé sur ses quatre petites pattes. Ben, oui, j'aime aussi le lapin, et j'ai goûté au cochon d'Inde en Equateur sans plus de remords. Quel monstre je fais...
Puis, sans trop entrer dans les détails, je quitte Jujuy en passant par Tucuman, l'occasion de rendre visite à une personne qui m'est très chère, avant de poursuivre ma route vers la province de Missiones.
Après une hibernation salvatrice de dix-huit heures dans un bus confortable , j'arrive à San Ignacio, pour visiter une mission jésuitique qui, pour être tout-à-fait sincère, ne me fera pas grand effet. Même si l'histoire de cette utopie (peut-être un tantinet romancée par mon guide de voyage) de micro-société égalitaire laisse rêveur. Les jésuites payaient un tribut à la couronne espagnol pour extraire les indiens guaranis à la politique d'esclavage des conquistadores. Un moindre mal selon le guide du site puisqu'ils les faisaient travailler comme des boeufs. Mais jusqu'à ce que la couronne espagnole inquiète de cet état dans l'état fasse détruire l'ensemble des missions, ça donnait une impression de société plus juste et équitable, en tout par rapport à ce qu'on pouvait rencontrer en Europe à la même époque (XXVIIè). Donc, oui un peu d'émotion quand même, même s'il n'e restent que trois pauvres murs pour témoigner.
Sinon, rencontre avec Aureol le catalan et son ami argentin exilé à Barcelone. Ensemble, on barbotte dans une grande piscine, on visite en se marrant la fameuse mission, et on profite du premier jour du carnaval local!! Un bon échauffement pour Rio!
Et ce soir, j'arrive à Iguazu. Je visite le chutes demain côté argentin, après demain côté brésilien, et puis je dois potasser encore un peu, parce que c'est encore le flou artistique. Je n'ai pas trop préparé mon itinéraire, d'ici à Rio...
Je pense que je posterai des photos de ce pré-carnaval et des missions dans mon prochain post, parce que la lenteur de la connection commence à me faire pousser les poils et à m'allonger les canines. Alors pour éviter que Thiercelieux ne découvre une nouvelle victime au réveil demain matin...
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So many people told me the NorthEast of Argentina might be the most amazing part of the country. I can but confirm this statement.
It is much more traditional than the rest of the country, less influenced by Europe.
More Native Indians communities can be found, the typical food (including lama meat, which I of course tried... and liked!) is delicious, landscapes are breathtaking.
Again I let too much time fly between my last post and now, which makes it hard to condense it all in one post...
For the first time in my trip I'm rushing a bit, spending only one night in each of two small towns in order before I get to the city of Salta in an attempt to reach Jujuy on Saturday, where I should meet my friend Samuel.
In the first village, Amaiche, I'll visit the ruins of an Indian city located in a nice setting of hills. Yet, the history of Quilmes is particularly gloomy. After over two centuries of resistance, the tribe was reducd to slavery by the Spanish conquistadors who forced the Indians to a march of about eight hundred miles to Buenos Aires. Few survived this trial.
On the way back, I visit a museum which is above all worth it for its collection of stones and gems (don't you think this picture of a stalactite just looks like a sliced hand?), and its nice garden with modern scuptures inspired by traditional patterns and legends. Though the vast majority of Argentinian are Christians, the cult of the mother Earth, the Pachamama, is still well alive here. Believers build her small altars made of stones, each one adding his own stone along with a request for blessing, and sometimes a small thanking gift.
I'll then participate to a tour that will lead me to the town of Salta, going through a spectacular valley with some awesome rocky sceneries. They might just as well have used this setting to shoot Star Wars...
Getting to Jujuy, I call my friends Guillermo and Samuel. One has already gotten back to Cordoba but insists so that I stay at his mom's place. She is a sweetheart who is going to take care of me as if I was her own son. Perfect example of the Argentinian hospitality. A value shared by the whole family, as Guillermo's brother, Jorge, is going to tour me in the town, and will also invite me at home, a very nice house he's quite proud of.
The day I meet again my friend Samuel and his girlfirend Silvana, we first head for the afternoon in his family. Friends of her grand-ma gather for the 'merienda', which is a bit like tea-time, except that they don't always drink tea or mate, and that the food they serve can be equally salty or sweet. One of these old ladies touches me while reading a moving poem about the value of life, how people should consider it a gift and try to get the most of it by sharing happy moments with their dear ones.
Sam will keep all his promises and even offer me more. With him and Silvana, I'll discover the amazing landscapes of the North-Eastern region of the country, and he'll also take me to a trip to Chile, crossing a salt desert in Argentina and then the desert of Atacama in Chile, before we get to the sea-side. Well, we'll also spend an entire day in a mall of a tax-free city in Chile, but that was part of the aim of the trip for him, and though this was bit too much time spent in a shopping area for me, I still enjoyed a nice sushi-bar and a delicious ice-cream!
Plus, the big boy bought himself a radioguided helicopter which we had a ot of fun with, back at the hotel.The selection of the pictures (over 500!) that I took in a few days time has been extremely difficult. Here are a few that I hope will give you a taste of these magic landscapes.
Here are the "seven colours mountain", which actually counts much more than just seven colours and also a volcan in the Chilean desert of Atacama.
Surrealistic view of this road coiled up like a snake, head in the clouds, that's boarding a immense fault. And then, at an altitude of about 12,000 feet, you're above the clouds, trapped bewteen the mountains.
And if I didn't get into trouble with any bird this time, what would you think about this cute and supposedly inoffensive sea mammal?
Well, think twice! I may have gotten a little bit too close from two of them, but was that a sufficient reason for one of them to ATTACK me? I still wonder...
After our trip to Chile and a deeper investigation of the northern zone, I ate a last asado at Sam's parents, together with Guille' mom. A nice way to say goodbye, before I caught a bus in the night to Tucuman, which hardly gave me a little time to catch up with someone very special I knew there. And then another eighteen hours of bus to the province of Missiones, to see a... mission, which by the way was the historical setting of the movie.... Mission!
Honestly, I wasn't too impressed by the ruins, though they testify of a dramatic and interesting bracket in the History of the hispanic colonization. The Jesuits successfully substracted the indians to the slavery system, to incorporate them in a hard working, selfsustaining society based on rights evenness between its members. A model that didn't please to much to the Spanish crown who eventually had the missions destroyed and the Indians exterminated.
The surprise of the day, apart of encountering two nice and funny fellows from Barcelona, is that a local carnival was starting in the village. We definitely enjoyed that!!
Today, I arrived in Iguazu. I'll visit the largest and tallest falls of the world tomorrow. The only annoying thing is that I broke my glasses by walking on them (forgot that I had put them away.. on the floor of my hotel room) and my left eye is too irritated to wear a lense. If it doesn't get better by tomorrow morning, I guess I'll be the only one-eye visitor of the day, but I don't hope too much to get an award.
1 commentaire:
Pffffffffff quel voyage !!!!
Quid des photos du Carnaval et des magnifiques conquêtes masquées que tu as certainement renocntré ???
Bizz et à très bientôt hein ! (he oui, le temps passe vite) :)
Phil de Tof
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