Près d´un mois de silence radio! D'aucuns pourront penser que le carnaval m'avait trop accaparé pour écrire un nouvel article, mais ce n'est que partiellement vrai.
J'ai entamé nombre de brouillons que je voulais drôles, mais au fond de moi le coeur n'y était pas, et mes écrits étaient par conséquent de mauvaise facture.
Je voudrais éviter de m'apesantir sur des considérations peu enthousiastes, mais puisque ce blog me sert aussi à communiquer avec vous, mes amis, voici en quelques mots ce qui m´a pesé depuis mon arrivée au Brésil.
D'abord, quitter l'Argentine fut symboliquement un deuil pour moi, même si je reste en contact avec beaucoup d'entre les personnes qui y furent importantes pour moi. Ensuite, je fus accueilli par la pluie à Iguaçu et dus renoncer à visiter les chutes côté brésilien. Cette même pluie m'accompagna jusqu'à la station balnaire de Florianopolis où je ne pus profiter de la plage que deux jours sur cinq.
Ensuite - et c'est certainement la raison principale de mon désarroi - je me trouvai confronter à un problème que j'avais largement sous-estimé: la barrière linguistique; car si les brésiliens comprennent en général assez bien mon « portugnol » balbutiant, je suis en revanche souvent incapable de déchiffrer un traître mot de ce qu'ils me répondent. Frustrant au possible...
Enfin, diverses petites contrariétés telles que je n'en avais pour ainsi dire pas rencontrées durant les quatre premiers mois se sont accumulée en deux semaines.
Allez, je vais en faire l'étalage, en un sens, c'est même plutôt comique!
D'abors, je ne compte plus le nombre de détours et d'arrêts de bus manqués en raison de la mauvaise communication, le plus souvent avec des gens plein de bonne volonté.
Autre tracasserie, l'enregistrement d'un téléphone portable ici est extrêmement complexe pour un étranger qui ne dispose pas d'un numéro d'identité nationale.
Pour couronner le tout, j'ai perdu un premier téléphone dans un taxi. D'ailleurs, j'ai aussitôt appelé mon numéro, le taximan a décroché et m'a donné un rendez-vous auquel il n'est jamais venu. Grrrr...
Donc, achat d'un nouveau gsm et heureusement, Mattan, un compagnon de route couchsurfing, a pu me fournir une puce déjà enregistrée.
Mais quelques jours plus tard, de nuit, dans un quartier inconnu, votre crétin de reporter en herbe qui avait encore une fois raté son arrêt de bus, déambulait sur une grande avenue déserte, en direction d'un sympathique groupe de trois larrons qui m'ont pas manqué de le détrousser. Quand j'ai croisé le regard de prédateur de l'un d'entre eux, je savais qu'il était déjà trop tard. Ils ont exhibé une carte de visite avec une lame grande comme mon avant-bras, m'ont délesté de mon sac à dos, et m'ont fouillé en bonne et due forme. J'ai fait mine de mettre la main à la pâte avec zêle en sortant l'argent que je détenais dans ma poche gauche, et se faisant je suis parvenu à y conserver mon Ipod serré dans ma petite pogne rageuse. C'est d'ailleurs cocasse, parce que l'un de mes agresseurs a littéralement arraché les écouteurs de l'appareil sans réaliser qu'il manquait quelque chose. Une fois relâché, j'ai galopé dans les rues et je suis bientôt tombé sur une voiture de police. Bien gentils et rigolos, les deux officiers qui parlaient anglais aussi fluiement que moi portuguais m'ont offert une promenade dans les quartiers chauds qui n'a évidemment pas servi à retrouver la trace des trois voleurs, ni de ma caméra, mon gsm, mon guide de voyage...
Adieu mon cher petit Lumix donc. Vu le prix de l'électronique ici, pas question de le remplacer avant mon retour au pays, et mon blog va perdre une grande partie de sa saveur. J'en suis navré...
Bon, pour clore en beauté le chapitre de mes mésaventures, abordons le côté filles. C'est d'ailleurs le pompon: le résumé vaudrait un article à lui tout seul.
Je rencontre Urias en boîte, et puisque notre capacité dialoguer est fortement limitée, nous communiquons avec la seule langue que nous avons en commun.
Trente ans, yeux noisettes, teint hâlé, grands yeux rieurs, cheveux de jais légèrement ondulés, formes généreuses, je craque. Apparemment elle aussi, donc jusque là tout va bien. On se revoit à la plage et on passe la journée et la soirée ensemble. Au bout de la nuit, on se quitte sans se donner de rendez-vous, et je m'endors d'épuisement dans le taxi qui me ramène chez moi, alors que j'étais en train de lui rédiger un message. Voilà comment j'ai oublié mon premier gsm dans un taxi... Voilà comment j'ai perdu Urias, aussi.
J'ai fait tout ce que j'ai pu pour tenter de la retrouver. Trop, sans doute.
Pendant deux jours, j'ai négocié avec la compagnie de téléphone, mais le vendeur d'un tabac journaux qui m'avait aidé à enregistrer la puce de mon téléphone avait apparemment donné un numéro d'identité nationale au hasard.
Impossible de récupérer l'accès à ma messagerie. Impossible de vérifier quelles numéros avaient essayé de m'appeler.
Le jour que j'ai passé avec elle, nous avions fait un crochet pour déposer des affaires à son appartement. Je me souvenais vaguement de ce quartier résidentiel aux immeubles tous similaires, avec leurs grandes grilles à front de rue et leurs gardes-concierges.
A deux reprises, de jour et de nuit, j'ai fait la tournée de tous ces immeubles, baragouinant à chacun des gardes (la version s'améliorait à chaque nouvelle tentative) les raisons pour lesquelles je recherchais cette fille. Heureusement, j'avais pris quelques clichés de nous deux. Malheureusement personne ne la reconnut. Sauf un garde complètement bourré, qui me promis de lui transmettre le message que j'avais préparé. Mais par acquit de conscience, je repassai le lendemain et un autre garde ma confirma ce que je soupçonnais: son collègue ivrogne m'avait raconté des sornettes. Adieu ma belle, donc...
Ensuite, j'ai rencontré Carla, qui, sans fausse modestie, m'a bien rentré dedans, toujours en boîte. La même boîte d'ailleurs... j'y étais retourné dans l'espoir de revoir Urias. Carla avait l'air extrêmement motivée par l'idée de me revoir. Pour tout dire, elle essayait déjà de négocier une extension de mon séjour à Rio.
Mais le lendemain soir fut le jour de mon attaque. Lorsque la police me laissa bredouille et un peu retourné dans le quartier festif de Lapa, je décidai de rentrer dans un établissement pour danser et noyer le deuil de mon appareil photo dans quelques caïpirinhas. Je rencontrai et discutai avec Viviane, retins son numéro de téléphone par coeur (oui, parfois, ma mémoire connais un sursaut d'orgueil), mais lorsque je l´appelai le lundi, elle me donna rendez-vous pour samedi, ce qui indique à priori un très faible degré d'intérêt pour ma personne. Bien dommage, parce qu'elle me plaît beaucoup.
Suivant les sages conseils de Katia qui me loge, j'avais noté le téléphone de Carla, et une fois acquis mon nouveau gsm et enregistré mon nouveau numéro, J'ai donc tenté de l'appeler plusieurs fois, mais son téléphone semble éteint. Et pas moyen de laisser un message...
Voilà, comme dit Katia que je tins au courant de mon intention de râler ouvertement sur mon blog, c´est extrêmement injuste de poster un tel article sur son fabuleux pays.
J´en conviens, mais j´avais besoin de me plaindre un bon coup! Je reprendrai le cours de mon récit de voyage dans mon prochain post, et tant pis pour la chronologie. Bisous à tous!
Almost a month without publishing any post. One might think it's because carnival kept me busy, but it would only be partly true.
I drafted a few articles that I wanted to be funny, but never finished any because something sounded wrong to me. Some friends already told me they sometimes regretted the superficialiy and lack of emotions in what I was writing. And I was starting to regret that too.
The truth is, I was also a bit depressed and I felt ashamed of writing anything that would transpire sadness while I was having such a wonderful journey. I'd feel like a spoiled kid who's offered a trip in one of the most wonderful countries in the world and still isn't fulfilled.
Yet, what I just wrote in the french version of this post is all about complaining! And I feel better now that I did! So I told myself: why not doing the same again in English, and later on, get back to a regular storytelling article?
I was feeling quite good in Argentina. I didn't expect too much from my trip and received way more then expected. I guess the contrary happened from the moment I crossed the frontier to Brazil. The straighest way to disappointment starts with a too high level of expectation.
But all in all, it's fine by me. You learn from new experience.
I gained a lot of confidence in myself. I learnt a lot about what I really wanted in my life and how I could get it. I learnt how I can obtain what I want in a relationship without hurting the person I´m dealing with. I had always been afraid of that...
The best moments I have been through are when I dared to do what I had in mind. All down to reaching out to other people. Seems that making efforts over laziness and fear always paid back.
These are a few good conclusions I could draw when leaving Argentina.
Yet when I reached Brazil, I thought communication would be easy because I go fluent in Spanish. But I found myself in a situation that reminded me of the movie « lost in translation ». Well, most Brazilian people could understand more or less my attempts to speak Portuguese, even if what I said sounded more like Spanish than anything else, but I was so frustrated not to understand anything that they would answer back to me...
The weather wasn't helping cheering me up. Of course, it would only be a detail in I wasn't feeling blue and missing a few places and above all a few people in Argentina. But there I was in Iguaçu, not visiting the falls from the Brazilian side because of the pouring rain, and later on in Florianopolis, on the seaside, not enjoying the beach...
I'm cutting short and still have a lot of good things to tell about, but let's leave that for later and pursue my « complaining » therapy, which works quite well as I'm already smiling from what I'm about to tell you!
Girls, girls, girls. People didn't lie to me about the Brazilian girls. At least from what I experienced. I a few words, if you please a girl here, it won't take long before you know about it. Sounds good, huh? What's the issue then?
Well I met this girl in a club, and we soon started kissing as we could hardly find another way to communicate, apart from dancing. I met her the next day at the beach, and we spent the afternon together, and went to another club at night.
When I left her, I was so exhausted that I fell asleep in the taxi, whilst trying to send her a message. I lost my cell phone to it, and when I called my number, the taxidriver who promised to surrender it never showed up. Bastard!
Then he shut down the phone and I could never recuperate Urias' number. In spite of all my supplications to the phone company. In Brazil, you need to register you phone number under your name, which foreigners can't do as they don't have a local ID. The guy who helped me register my phone number apparently used a fake ID and the phone company wouldn't give me access to my phone messages again...
I had accompanied Urias to her place and roughly remembered the area. I knocked at the door of every building around and asked to over fifteen guards if they recognized her on the pictures I had taken from us. The only one pretended to recognize her was so drunk I didn't really trust him. And I was right not to, as the next day I came back to the same place and another guard confirmed he didn't know her. I wasted two days to these silly games.
I met another girl who actually hit on me in the same club where I met Urias. Speaking about how direct the Brazilian girls can be... she tried to convince me to stay in Rio for four months and had me promising her to call, which I planned to do anyway.
But the next day, I got robbed in the street by three guys armed with a knife. I saw that one coming when I approached them, but too late however. Could have run away, could have opposed resistance, could have died... well, all that did happen is that they searched me all over with a blade on my stomach, and disappeared with my camera and other valuable stuff... including my second cell phone. I just could hide my ipod from them, whilst they took the earphones that I kept in the same pocket without wondering why something was missing...
After that, I ended up in the area of Lapa, highlight of the Cariocan nightlife, brought there by the policemen I met a few minutes after the incident. I decided to enter a club with live music to change my mind. There I met Viviane, who I liked a lot, but as I called her next day, she said she couldn't see me before the end of the week. Not much hope to see her again, hence.
Thanks to my host Katia's good advice, I had written down Carla's phone number, but when I got my new cell phone (another day of nightmare to get it setup) and tried to call her, well... she never answered and I was unable to leave a message.
Anyway, seen from that perspective, my stay in Brazil doesn't look so nice. And as much as I wanted to pester in this post, I now feel bad about it, because there were many, many great moments. As usual, most of them thanks to the kind and friendly people I met. I spent good times in Florianopolis with my hosts Fran and Felipe, their other guest Megan, and their friends Everton who I have been clubbing with and also Geraldo who spent so much time with me teaching me a lot about Brazilian culture and language.
Then I'll need to tell you about the wonders of the Carnival, even if I unfortunately won't have any pictures to show, for the above obvious reason...
I'll also want to tell you about the football game I went to see with my mate Mattan who I met at Katia's place. And lots, lots of great moments we shared with Katia and Tim who is also staying at her place. including my first surfing experience!!
Well I want to tell you abot all this, and I´ll have to... otherwise Katia will just kill me for being so unfair towards her cherished country and city!!
But that will be for my next post... cheers!
2 commentaires:
Mais non c'est pas injuste : en fait t'as rien dit du Brésil. Le type qui se prend un rateau dans l'oeil, il râle sur le rateau, même si le jardin autour est beau. Et bon, c'est pas pour enfoncer les clous, mais t'as pris plusieurs rateaux. Je dirais même que je crois que t'en as pris assez pour le reste du séjour. Comme tu disais pour le "stop" : bon, ça c'est fait.
Mais il faut dire que la langue + + la pluie + le gsm + la lame + les filles de l'air + le taximan pas net + le gardien beurré, c'est vraiment une douche froide.
(et adieu les photos, quel crève-coeur aussi !)
Donc je croise fort les doigts : que le Brésil te sorte de derrière son dos les cadeaux qu'il te réservait forcément pour la suite : les vrais !
Bisous
Christine
Well, well somebody said that character of person is realted to language he uses. Such opinion is maybe chauvinistic, but there is also seed of true (this comment to differences between english text and french one)
I am counting days impatiently. Next friday I will be in Brussels and maybe will know more about your adventures than from blog:)
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