+++ English version available... soon! Having a busy wek-end! :) +++
Voilà: retour à la table, et de bien meilleure composition. Il faut dire que j'ai passé quelques très bonnes journées à la plage avec Katia et Tim, et que j'ai appris à poser une moitié de genou sur une planche de surf avant de sombrer, emporté par le tumulte d'une vague. Et puis, j'ai rencontré une délicieuse carioca, et passé quelques soirées en bonne compagnie. Ca aide à mettre d'humeur guillerette...
Donc, je vous avais laissé peu avant de quitter l'Argentine. Loin de moi l'idée de continuer à ronchonner, mais je réalise rétrospectivement que ma période de déveine avait commencé avant que je ne passe a frontière.
A Iguazu m'attendait un jour de grisaille et de pluie durant lequel j'ai perdu la clé de mon casier, dont j'ai forcé la porte avant de retrouver ladite clé... sur moi, planquée dans mon maillot de bain - ça ne s'invente pas. J'ai gardé la marque du numéro « 1 » du porte-clé imprimée sur la fesse jusqu'au lendemain. C'est ailleurs que ça n'imprime pas...
Par ailleurs, j'avais cassé un des verres de mes lunettes quelques jours auparavant et mon oeil gauche avait commencé à bien s'irriter à San Ignacio, me réduisant à porter une seule lentille; autant dire que j'étais borgne. Dans mon auberge, il n'y avait que des israéliens qui ne parlaient que hébreu, et que entre eux. En même temps, c'est vrai que ça m'aurait fait une belle jambe s'ils me parlaient hébreu, à moi.
Bon maintenant, promis, j'arrête de vous bassiner avec mes petites mésaventures.
Sur les conseils avisés de mon conseiller en orientation touristique, j'ai nommé Ivan le Carioca, j'opte pour la ville balnéaire de Florianopolis, et j'y envoie une série de messages via couchsurfing (ça faisait longtemps, d'ailleurs).
Ce qui m'a le plus plus dans ma visite des chutes d'Iguazu, côté argentin, ce sont les bêbêtes.
Bien sûr, le spectacle des chutes et grandiose. il faut imaginer que si aucun fleuve ne passait par là, ce serait une vallée très encaissée dessinant une gigantesque paroi rocheuse de quatre-vingt mètres de haut, en arc de cercle. Mais voilà, le Parana passe par là et y déverse ses milliers d'hectolitres de flotte dans un vacarme apocalyptique. En de nombreux endroits, la brume qui se dégage en contrebas remonte en vous trempant jusqu'aux os. A ce sujet, j'ai payé une petite fortune pour un tour en bateau que tous mes compagnons de galère ont manifestement apprécié plus que moi. On est passé tellement à proximité d'une cascade que mes chaussures de marche se sont transformées en aquariums (pas du tout, je ne suis pas en train de continuer à râler...).
Sur une passerelle, j'ai commencé à m'intéressser aux insectes qui peuplaient les environs, et très bientôt c'était Blanche-Neige sans les sept nains: plusieurs papillons virevoltaient autour de moi, et alors que j'essayais de photographier celui qui s'était posé sur ma main, un autre se posait sur l'appareil photo. Plusieurs personnes ahuries s'arrêtèrent et prirent des photo de ma main! Je savais bien que cesser de prendre des douches finirait par payer un jour...
Je suppose que si je m'étais mis à chanter et à danser, des biches et des oiseaux auraient également accourus...
Mais en lieu et place de faons et de pinsons, j'ai ensuite découvert avec beaucoup d'amusement des coatis, rongeurs omnivores dont le comportement s'apparente à celui des singes.
Ils grimpent aux arbres, chipent la nourriture des visiteurs jusque sur leurs tables; leur effronterie est sans bornes! Ils vous sautent littéralement sur les genoux. Détail cocasse, leur museau flexible s'agite dans tous les sens!
J'ai aussi eu l'occasion d'observer sur le vif un varan attraper au vol un papillon et l'avaler tout cru. En voyant ça, ça m'a fait plaisir de penser qu'on est parvenus à se débarrasser des dinosaures.
Et pour clore le chapitre des bestioles, la veille au matin, une employée de l'auberge a écrasé une tarentule plus grande que ma main à grand coups de manche à balai, devant mes yeux ébahis. J'ai pas eu le temps d'aller chercher mon petit Lumix, que l'araignée ressemblait à de la bouillie, mais je ne suis pas près d'oublier le bruit du craquement de son abdomen, style coquille d'oeuf, ni le tremblement de quelques unes de ses pattes encore après le dixième coup de bâton.
Après une telle scène, une simple promenade dans la ville prend tout de suite une dimension plus aventureuse...
J'ai quitté Puerto Iguazu pour Foz de Iguaçu, au Brésil. Pendant plusieurs jours de temps mitigé à Florianopolis, je couve une petit déprime due à la difficulté de communiquer avec mon entourage, et une grosse nostalgie de mes jours heureux en Argentine. Oui bon, et en Belgique aussi!
Cependant, j'aurai droit à deux belles journée de plage, à une soirée bien arrosée de téquila, à jouer (et à gagner, était-il besoin de le préciser?) au Uno avec l'américaine Mégan , nos hôtes Fran et Felipe, et leur ami Geraldo. Ce dernier m'accorde une attention toute particulière. Etudiant en beaux-arts, Geraldo est un artiste pyrograveur, féru d'histoire et de poésie, et très patient! il me fera réciter des poèmes et m'aidera traduire quelques beaux textes d'une chanteuse brésilienne. J'ai ramé sec. Il a dû s'arracher les cheveux également par moments.
Ensuite courte halte d'un après-midi à Curitiba pour visiter un musée d'art conçu et partiellement dédié au génial et visionnaire architecte Ocsar Niemeyer.
Les photos du bâtiment parlent d'elles-même. Ce sont les dernières que j'avais sauvées sur internet...
Ensuite, quinze nouvelles heures de bus et arrivée à Rio, chez Katia avec qui je suis en contact depuis le début de mon voyage. Katia est en couple avec Tim, le motard anglais qui vit chez elle depuis quelques semaines. Tout un personnage aussi: il a passé ces cinq dernières années à parcourir l'Afrique en moto.
A peine les présentations faites, Katia nous embarque vivre un pré-carnaval. Grand rassemblement, tambours en live de temps en temps quand passe un groupe de musiciens. C'est un joyeux désordre. Enormément de monde dans les rues, flot humain dans lequel naviguent des dizaines de vendeurs à la sauvette qui proposent des bières sorties de malles en frigolite; une foison de baraques où l'on prépare des caïpirinhas à la minute sous vos yeux gourmands.
On dîne ensuite avec une amie de la maman de Tim, psychologue et artiste peintre. Une femme très intéressante et d'une gentillesse infinie.
Puis on sort à nouveau dans des rues noires de monde où les gens dansent au rythme de la samba. Ambiance sensuelle et décontractée, mais pas déchaînée, et pas non plus de chars richement décorés ni de costumes bariolés et emplumés.
J'aborde une fille, et à peine le temps d'obtenir son nom, ses amis lui scandent déjà en choeur: « embrasse-le, embrasse-le ». Une anecdote qui résume bien l'esprit léger et festif qui règne ici. Bon c'était la première, je manquais d'esprit d'à-propos, et je suis reparti sans son numéro. Mais entrée en matière sympa quand même...
Le lendemain matin, on repart à l'assaut des rues; toujours cette même ambiance bon enfant de kermesse, mais dans des proportions démesurées: des centaines de milliers de personnes verre à la main et brochette dans l'autre.
Mattan, un jeune américain qui loge également chez Katia, me propose de l'accompagner l'après-midi à un match de foot au mythique stade Maracana. La partie sera moyennement intéressante, l'arbitre excluant deux joueurs de l'équipe locale dans le premier quart d'heure; mais j'ai été frappé par la taille du stade (le plus grand du monde, avec cent dix mille places, m'a-t-on dit) et le fair-play des supporters. Quelques jours plus tard, on retournera au stade avec Mattan, voir un derby, cette fois dans une ambiance de feu. Mais même constat bien agréable: beaucoup de supporters des deux équipes sont mélangés dans les gradins, et ils se cotoyent en hurlant des insultes à tout bout de champ, mais sans jamais une once d'agressivité les uns envers les autres. Le disneyland du ballon rond...
Il y a même des couples super mignons qui supportent les deux équipes adverses. Du coup, quand une action intéressante s déroule sur le terrain, il y en a un qui jubile, l'autre qui râle, et souvent un bisou qui tombe l'instant d'après!
Retour en ville, et soirée peu mémorable. On rejoint un groupe d'un grosse dizaine de personnes. Certaines sont très chouettes, mais on se traîne d'un endroit à l'autre sans vraiment profiter, le meneur carioca ne sachant pas trop où se déroulent les festivités. On atterrit sur une plage à trois heures du mat'. Je suis un peu médusé (hou, qu'elle est mauvaise, celle-là...).
Le lendemain après-midi, j'émerge, j'expédie les affaires courantes, dont des courses et du linge à laver. Je fais un brownie géant avec Andreia, l'aide ménagère de Katia, qui ne parle que portugais, ce qui nous donne des embryons de conversations à se taper la tête conte un mur.
Et le soir, Katia et moi allons au sambodrôme, un gigantesque stade qui se présente sous la forme d'une avenue kilométrique bordée d'immenses gradins.
La démesure de ce stade se justifie à mes yeux dés que la parade commence:
dix écoles concourent en deux nuits. Chaque école dispose d'un peu plus d'une heure pour défiler. Ce sont des milliers et des milliers de participants, quelques-uns montés sur des chars délirants, les autres regroupés par paquets de quelques centaines qui portent le même costume. L'attention portée jusque dans les moindres détails du moindre costume du moindre figurant est stupéfiante. Les sommes dépensées par les écoles le sont tout autant, me souffle Katia.
Les partisans distribuent des petits drapeaux à l'étendard de leur école (hé oui Bénito, comme les Ultras au Standard) et dans les airs flottent un peu partout des préservatifs gonflés avec amour. Il faut dire qu'il les distribuent par paquets de six à l'entrée.
La même chanson accompagne tout le cortège d'une école donnée. Au bout de dix minutes la foule entière la connaît par coeur, ce sont des centaines de milliers de spectateurs qui dansent et chantent.
Des milliers de petites étoiles scintillent à chaque instant tant les gens font de photos. Mais moi pas, non non non! Je m'étais habitué à sortir sans mon appareil, parce que tout le monde dit que c'est trop dangereux à Rio, et parce que ça gêne pour danser dans les rues. Et comme je m'en mordait les doigts jusqu'au coude, je m'étais promis que le samedi suivant, j'y retournerais car les écoles gagnantes défileraient à nouveau. Mais c'est précisément sur le chemin du sambodromo le samedi suivant que je me fis agresser...
Le lendemain, j'ai enfin rencontré mon collègue Thiago, carioca de pure souche expatrié à Bruxelles depuis trois ans. On est sorti dans un endroit très insolite, et bondé d'ailleurs: une maison de maître, ancien magasin d'antiquités très stylé, réparti sur trois étages: le Rio Scenarium. J'ai dansé la samba au son d'un groupe live avec Urias, cette très jolie brésilienne dont j'ai finalement perdu la trace en oubliant mon gsm dans un taxi. Très contrarié, j'ai perdu deux jours à errer, tempêter et courir dans tous les sens pour la retrouver, sans succès. Mais je vous ai déjà expliqué tout ça en détails.
Les jours (je devrais dire les semaines) qui suivent se ressemblent pas mal et une grande confusion règne dans mon esprit quant aux dates et à mon emploi du temps. c'est le prix à payer mon ma paresse et mon manque de rigueur dans cet exercice d'écriture. Je voulais que ce blog m'aide à converser en mémoire un maximum de souvenirs, mais il n'en reste déjà lus que des fragments.
Le Rio Scenarium va devenir mon terrain de chasse préféré. Enfin, en repensant à Carla et Valeria, je me demande bien qui était le gibier et qui était le traqueur dans l'histoire, étant donné que je me suis fait aborder dans les deux cas. Mais autre donnée récurrente, et autre leçon à prendre: une fille ici peut vous embrasser et prétendre mourir d'envie de vous revoir, pour ensuite ne plus donner signe de vie.
Après la fièvre du carnaval, Rio est redevenue une ville dans laquelle l'ambiance festive se cantonne aux fins de semaines. Je me rappelle un jeudi où j'ai rencontrée deux jolis israéliennes en face d'une boîte désespérément vide. On a erré ensemble dans le quartier animé de Lapa, à la recherche d'un club de salsa, pour finalement se rabattre sur un bar dans lequel on a discuté jusqu'à pas d'heure. Depuis, je ne suis plus sorti que du vendredi au dimanche.
J'ai revu Viviani, et à ma grande joie on a passé deux heures à discuter en portugais sans trop de difficulté, alors que lorsque je l'avais au téléphone pour fixer rendez-vous, c'était la croix et la bannière pour la comprendre. Mais bon, ça n'a pas été plus loin qu'une agréable conversation.
J'ai rencontré Paula dans une boîte gay dans laquelle je m'étais fourvoyé par mégarde (heu, c'est de Lafontaine). Si on m'avait dit une minute après mon entrée que j'allais embrasser quelqu'un là-dedans, j'aurais probablement eu un pic d'adrénaline et des sueurs froides, mais Paula accompagnait un groupe d'amis pour un anniversaire, et on a beaucoup papoté en anglais; c'était reposant. Quelques jour plus tard, on s'est fait un resto et on a visité ensemble le musée d'Art Moderne de Niteroi, après quoi elle a décrété qu'elle n'aurait plus beaucoup de temps pour me voir entre son boulot et ses études. Et comme d'habitude, je m'en fous, je râle pas...
Mes journées quant à elles se sont partagées entre ma chambre, la petite piscine et des plages magnifiques sur lesquelles Katia nous emmenaient, moi et Tim, parfois avec sa fille Katarina, quand sa voiture fonctionnait encore, ou les deux derniers week-ends où on a loué une petite tuture.
J'ai passé beaucoup de temps dans ma chambre, à dormir (combien de fois ai-je joué le vampyre regagnant sa tanière à pas feutrés vers les huit heures du mat'), à mettre de l'ordre dans mes diverses notes (j'ai repris l'écriture, tranquille peinard), et à tirer les cartes: un jeu de tarot traînait sur un meuble et je me suis piqué de savoir comment c'est-y que ça marche, c't'affaire-là. Et je dois avouer que j'ai trouvé cet outil sympa pour m'offrir un moment de réflexion sur moi.
A part ça, j'ai passé du temps dans la cuisine: tarte à la mangue, tarte au citron, tarte au fromage, crumble... Et beaucoup de temps dans la salle à manger aussi, parce que les trois aides ménagères qui se relaient ici cuisinent toutes très bien.
J'ai repris en quelques semaines les quelques kilos dont je m'étais délesté en Argentine.
C'est d'autant plus frustrant qu'avec le culte insensé du corps qui règente la vie d'une grande partie de la population ici, je croise quotidiennement des dizaines de gars au corps d'Apollon (ou de discobole, ce qui revient au même, à la différence que comme je trouve ce mot ridicule, je prends un plaisir malsain à en affubler ces espèces d'agaçants petits surfeurs aux dents blanches et à la plaquette de chocolat collée au bidou - et non, je ne suis pas jaloux).
Tiens, parlant de surf, Katia est une grande fan, et autant que faire se peut, elle emmène sa planche à la mer, ce quim'a donné l'occasion de prendre quelques leçons. Enfin, quand je dis leçon, elle m'a donné trois conseils et m'a envoyé à l'asaut des flots, autant dire au casse-pipe. En une heure, j'ai dû boire trois fois mon poids en eau salée et tenir debout quelques centièmes de secondes sur ce satané radeau en plastique. Mais je reconnais qu'il y a une certaine euphorie à barboter dans l'eau en attente de LA vague assez puissante pour vous emmener, puis à s´efforcer de faire virer l´embarcation dans le sens de la vague au moment décisif.
D'ailleurs, la hauteur des vagues dans les endroits où Katia nous emmène n'est généralement pas triste et la mer est parfois vraiment démontée. Jamais je n'avais éprouvé autant de difficulté à revenir sain et sauf sur le rivage et je comprends mieux comment certains nageurs trop confiants peuvent goûter aux joies de la noyade à quelques mètres à peine de la plage.
Vendredi passé, Thiago sortait fêter son départ. J'ai emmené Katia qui s'est bien amusée. C'était une bonne soirée. J'avais repéré deux amies de Thiago qui ont fait un passage éclair dans le bar. Dommage, m'étais-je dit. Mais ensuite, on les retrouvées dans un club de samba (ouf!), et j'ai fait plus ample connaissance avec Elen. On a pour ainsi dire passé le reste du week-end ensemble. On a visité une exposition consacrée à un artiste brésilien génial, Vik Munik, qui fabrique de l'art à partir de tout et n'importe quoi, jusqu'aux ordures ménagères. Le fait qu'il utilise aussi le chocolat et la confiture n'est pas pour me déplaire...
On s'est fait deux restos qu'elle a choisis avec beaucoup de goût, et on s'est chaque fois quitté au matin, parce que pendant que certains se dorent au soleil, ils y en a qui travaillent.
Cependant, elle a pris congé lundi et nous partons vendredi soir pour Ilha Grande, une petite île paradisiaque exempte de tout véhicule à moteur. Je demanderai à Katia de me prêter son appareil photo, histoire d'enjoliver ce qui sera très certainement mon dernier article pour ce blog.
A part ça, je soigne une affection de la gorge qui m'a tenaillé depuis une bonne semaine et que j'ai refilée à Elen, Dieu seul sait comment. Vous serez ravis d'apprendre qu'hier je me suis acheté une paire de chaussures de sport et que malgré ma grippe finissante je suis courageusement allé rejoindre ce matin bon nombre d'indigènes qui pratique le footing en bord de plage. Je pense que cet acte hautement symbolique scelle définitivement mon intégration à la vie carioca.
2 commentaires:
Hi Blue Lagoon! I could read your french version.... and I think that I could understand almost everything..... but I'm still waiting for the english one....:)!! And more than this, I'll still wait for the book... I think that it'll be great!!! Kisses a lot, sweet
Hi Blue Lagoon! I could read your french version.... and I think that I could understand almost everything..... but I'm still waiting for the english one....:)!! And more than this, I'll still wait for the book... I think that it'll be great!!! Kisses a lot, sweet
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