C'est affreux, j'ai l'impression que tout ce que je ne photographie pas, je l'oublie presque aussitôt. Trois jours ont passé, et je ne sais plus trop à quoi je les ai occupés.
Faut dire que j'ai avalé plus de musées en trois jours qu'en un an à Bruxelles. Histoire, Beaux-Arts (l'ironie de découvrir Rodin en Argentine...), Art Moderne Latino, Art Espagnol...
Et puis j'ai encore marché, marché. Le week-end, la musique est partout dans la rue. La photo est celle d'un orchestre de tango. Visages dramatiques, on les sent tout entiers imprégnés de leur musique. Frissons, même si je ne suis pas dingue de tango. Dans un parc, démo de capueristas. Quartier des antiquaires (avec l'inflation, des tas de familles aisées se séparent de leur objets de valeur).
impressionnant stade de football de la Boca.
Commencé à rencontrer du monde, à l'auberge de jeunesse. Des françaises, un couple d'allemand et surtout José, argentin de Tucuman, étudiant en architecture, en voyage pour un congrès. On est sorti en boîte avec son groupe de copains. La nuit suivante, on a papoté jusqu'à pas d'heure.
J'ai appris plein de choses, sauf à me poser. A force de galoper, j'ai chopé un microbe et la turista. Juste le jour où je rencontre Monika, slovène, qui vient d'arriver ici pour suivre des formations en danse thérapeutique. Vraie globe-trotteuse, parée de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, pas pointilleuse sur les horaires. Rendez-vous au cimetière de Recoleta. Ensuite, elles m'a gentiment traîné à travers toute la ville, alors que je déclinais doucement, de plus en plus livide et tremblotant. Nombreux arrêts sur des bancs, longues discussions, visite éclair du musée d'Art Moderne, puis balade dans un jardin japonais et cours de d'origami!). Je m'en veux: l'après-midi est délicieuse mais je ne suis pas loin de m'effondrer. On rentre en métro. je dors six heures, je bois un thé, je dors dix
heures. Et ce matin, Frais comme un gardon.
J'ai presque écumé tous les points d'intérêts mentionnés dans mon guide. Je m'y suis raccroché comme à une bouée, et ça ne suffit plus. Je commence à me demander ce que je suis venu chercher ici. Pas une ligne de plus à mon livre. Quant aux rencontres, comment est-ce qu'on dépasse le stade des relations superficielles, des conversations politiques ou sur nos incidents de voyage?
Parfois, je réalise furtivement à quel point je perds mon temps à chercher des modes d'emploi, à tenter de planifier, au lieu de vivre ce qui se présente à moi.
Ca donne le vertige. Alors, j'oublie et je recommence à calculer comment je vais rentabiliser mon temps.
Demain soir, tango avec Monika. Heu, écouter, pas danser. Enfin j'espère, sinon elle risque d'être déçue...
More visits of museums, more walking in large avenues, more parks, more music everywhere, and a night in a disco with funny Jose and his friends met at the guesthouse... got litterally sick of pushing my body to the limits. Plenty of things to do and see, especially for the week-end, and I've been rushing into it for five days now. But is it what I came here for? Can't answer to this yet. By sticking to what my guidebook proposes to visit, I just feel I am missing the most of it.
Got stomach ache all day yesterday while I was with this amazing Slovenian girl I met on a traveller's website.
Coincidentally, after we met in front of a cemetary, throughout the day I was turning to a zombie.
I just recovered this morning. And the same question rises again: what's next.
My guidebook sure can lead me to places of interest, but it won't teach me how to let go. Yet a great deal of the best I lived here so far was just unexpected.
Must be lesson to learn there.
I know the text in English is considerably shorter than in French. Didn't I mention yet I was lazy?
Well you know what, next time I'm writing in English first!

3 commentaires:
Je te redécouvre à travers ton voyage, c'est assez amusant de te suivre comme ça... tu m'as l'air bien speedé... profite donc du temps présent... arrêtes toi sur un banc, ferme les yeux et écoute... tu risques d'être surpris ! Pose tes yeux deux mètres plus haut qu'à l'habitude, regarde les choses autrement, tu découvriras bien plus de choses que dans ton livre...
Bises, Nath
Don't know if this will cheer you up but i reckon you stand a good chance of seeing your penguins at some point: http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/7652171.stm ... whether they can fly or not: http://search.bbc.co.uk/search?q=penguins%20%2B%20april%20fools&tab=av&scope=all - is an entirely different matter though ;o)
Alors t'as dévoré tout le guide en deux temps trois mouvements ? Hé, hé... C'est donc bien vrai qu'aller ailleurs est le meilleur moyen de tomber nez-à-nez avec soi-même. Te voilà en Occidental moderne titillé par l'angoisse de "quelle est la suite du programme" ? Je rigole mais j'aurais fait pire. Merci pour les premières impressions de ville, en tous cas : je les trouve très évocatrices. Et pour quelqu'un qui a pas fait une ligne, qu'est-ce que tu grattes, quand même. C'est peut-être juste que t'as pas encore réalisé que tu préparais ton second bouquin :-))
A propos de manif, je me suis déguisée en ampoule électrique hier. Avec quelques autres allumés, on a fait peur à des petites vieilles sur la place d'Armes de Namur (pour un bon motif bien sûr). Ca ne m'a amusée qu'après coup. Je te dis pas la trouille avant! Quel métier. Là où tu es en ce moment, ça serait presque banal, on dirait.
N'oublie pas d'écrire quelques cartes postales à maman, puisqu'on peut pas lui faire lire comment tu vis à toute vitesse sans manger sur ce blog. "Bonjour chère maman, je t'écris de cette belle ville tranquille où l'on mange presque comme dans les restos d'ici, et où j'étudie l'espagnol le matin avant d'aller me promener (blabla) ...visite d'églises... (blabla)... béguinage charmant ...( blabla)... costumes traditionnels colorés... (blabla)... T'embrasse tendrement"
Bon allez, sérieusement : je trouve génial qu'avec ce blog, tu nous pemrettes de partir un peu avec toi... A plus donc.
Plein de bisous
Christine
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