Hier soir, soirée improvisée (les meilleures!) avec Marie, Emeline, et un de ses amis: Lionel, belge lui aussi, en Argentine depuis un mois après trois mois passés au Pérou. On part boire un verre, j'accompagne sans trop de conviction, juste un peu content qu'on m'aie poliment proposé, quoi. On opte pour une milonga (bar avec orchestre qui rassemble des danseurs de tango). Ambiance feutrée, le même groupe dément de dix musiciens que j'avais pris en photo dimanche, des dizaines de couples très concentrés – et apprêtés - sur la piste.
Très hauts talons, longues robes fendues et cheveux maintenus par divers savants stratagèmes pour mesdames, chaussures noires et blanches, costumes rayés et gomina pour la plupart de ces messieurs. Beaucoup de gugusses comme nous venus en spectateurs. Bières et caïpirinhas. Et puis cette incroyable conversation de quelques heures avec Lionel sur le sens de la vie, nos parcours, le chamanisme, les coïncidences (ou pas) et j'en passe. Son amie Caro nous rejoint et finit par prendre le relais (suis intarissable, mais elle a du répondant!).
On finit dans un autre bar avec un excellent choripan (décortiquez: chorizo dans du pain – qui a dit que l'espagnol était une langue compliquée?) pour éponger un agréable alcool de melon. Puis dodo.
Ce matin, glandouille; début d'aprèm, je me décide enfin à contacter des gens sur couchsurfing.com susceptibles de me loger chez eux quelques jours, à Rio au moment du carnaval. J'ai du mal à me vendre par email: bonjour, je suis très gentil et je vous contacte parce qu'après avoir lu les quelques lignes de votre profil, je suis sûr qu'on va bien s'entendre, enfin, si vous me laissez dormir chez vous. Mais ne crachons pas dans la soupe: le principe de ce site est génial, et j'ai rencontré Monika par son entremise. J'y viens d'ailleurs.
Après-midi, balade dans un parc gigantesque, vu que les matchs de polo, c'est uniquement le samedi. Suis pssé devant le zoo, mais j'ai résisté. Il fait très beau. C'est pas tous les jours. Je papote avec Armando qui promène une quantité phénoménale de chiens, tous superbes. C'est son boulot. Ben oui, c'est un quartier chic dans une ville somme toute assez m'as-tu-vu. On a les moyens de s'offrir un briard ou un épagneul breton, mais pas le temps de sortir la bête de l'appartement de luxe avec vue sur... le parc!
Et oups!, j'oublie l'heure. J'appelle Monika, j'aurai un quart-d'heure de retard... sauf qu'elle m'attend déjà, vu qu'on avait rendez-vous une demi-heure plus tôt que je ne le pensais. Je cours jusqu'à l'auberge, me change plus vite que Clark Kent et m'engouffre dans un taxi.
Je la rejoins avec dix minutes de retard. A notre premier rendez-vous, elle me rendait presque heures heures. Mais bon, c'est une fille. On décide qu'on est quittes.
C'est un concert de tango auquel nous nous rendons. Je n'étais pas sûr. Mais finalement il n'aura lieu qu'une heure plus tard qu'annoncé. Héhé... on a le temps d'aller manger un bout.
Retour à la salle, les portes sont ouvertes. On s'installe et le concert commence dans la minute qui suit. Un pianiste / accordéoniste, un contrebassiste et un guitariste accompagnent une chanteuse d'environ quarante ans, petite et menue, toute jolie. Une voix rauque et puissante, une gestuelle extrêmement expressive, envoûtante. Elle remercie chaleureusement le public entre chaque chanson. Moi, je remercie Monika. J'étais pas emballé au départ: je n'écouterais pas du tango à la maison. Mais là, je suis charmé et ému par cette musique tantôt pathétique à l'extrême comme je me la représentait, tantôt étonnamment joyeuse.
Monika doit se lever tôt demain et on se quitte rapidement après la fin du concert. On se revoit si je reste ou reviens à Buenos Aires. Sinon, on reste en contact. Elle finira bien par pointer le bout du nez en Europe.
Retour en métro, mon premier voyage sur la ligne A, la seule dont les bancs et fenêtre sont encore en bois. Des petites ampoules rappellent des lampes à huiles. Le train des mines d'un parc d'attraction. La rame est quasi vide. Nostalgie d'une époque seulement imaginée.
Comme chaque soir, je croise dans la rue de mon auberge des éventreurs de poubelles en quête de bouteilles en plastique, qui répandent les ordures sur le trottoir. J'ai de la peine lorsque l'un d'entre eux me jette un regard désolé, sans doute le même regard d'excuse que j'affiche lorsque j'ai toisé une belle femme une seconde de trop.
Le tango me donne le blues (... fallait que j'écrive quelque chose de stupide).
Je crois que je vais quitter Buenos Aires demain.
Two nights well spent listening to Tango. Very different circumstances though.
Yesterday, it's more like a night out between friends, except that... I hardly now these guys! But we all speak French, that helps.
And though we land in a typical place where dressed up people dance tango to the sound of an orchestra (the same I took a picture of in the street on Sunday!), I get entirely absorbed into a conversation with a younger Belgian guy, sharing life experience, doubts and hopes. the kind of conversation that makes you feel like somehow, you're getting closer to yourself. Feels good.
Tonight was more like a date, except that the two of us quitted as good friends, which I hope we'll stay as Monika is a great person.
I got there late, which would be unforgivable if she had done been by far later first time we met, and which would also have been a bit of a problem had the concert not been delayed. But all ended up nicely, we even had time for an early diner (restaurant here usually don't serve before 10 PM) and the concert was deeply moving, as the singer was also the hell of an actress. I was afraid that tango would bore me, I just wished the performance it lasted of an extra two hours.
Lost in my thoughts on my way back to the hotel, I was carried home by one of the last active trains of the subway network that's dated from the begin of last century. The inside is all in wood, and it's all open, the noises and even the smell of humidity in the tunnels are very characteristic.
Scavengers in search of plastic bottles down my guest house only added a pathetic touch to my already all mixed emotions.
I may be leaving Buenos Aires tomorrow.
P.S. : When I took the above picture this afternoon, I really thought for a second that there was some kind of dog show in the park. The guy I spoke with explained walking dogs for rich people is just his job. A day like today, I would gladly spend an afternoon throwing wood sticks to a dozen dogs too!
4 commentaires:
Hi JC!
Your brother told me about the blog! I am just having rest from lectures I gave yesterday reading your excellent texts (pictures and notes are awesome).By the way you have simillar style of building sentences like your brother:) Hope that now you are somwhere in wild Patagonia or you are driving motorbike heading to the peaks of Ands:) I remeber that two years ago I decided for a lonely travell to Serbia and Montenegro. I planned meeting with my borther in Croatia..but trip was much longer. met a lot of people and was having good fun in wild serbian countryside.Such journeys has some katharsis value too.
Greetings from rainy, melancholic Warsaw!
Quel plaisir de te lire !
Envie de suivre le mouvement !
:-)
Belle suite de découvertes et rencontres !
Jane
Suis venue jeter un coup d'oeil par hasard et ai été suprise par ta plume... Quelle verve, dis-donc !! Attends avec impatiente tes impressions sur la Patagonie, Terre de Feu & co...
Bon vent,
Odile
Salut JC !
Chouette ton blog !! Vive la technologie !! On est content de voir que tu t'amuses autant !
Helena apprécie bcp tes photos. Très artistiques. Tu deviens maintenant un de nos plus difficiles adversaires au Pulitzer cette année !
Je profite pour résoudre l'"enigma": on dit "porteño" à quelqu'un qui vient de la région du port (puerto). Et le port plus important est, sans doute, celui de Buenos Aires. Il joue un rôle majeur dans l'économie et l'histoire du pays. Et c'est dans la région de Buenos Aires qui vit la plus grande partie de la popluation argentine.
On attend avec impatience d'avoir plus de nouvelles. Ca fait déjà plus d'une semaine que tu n'update pas le blog!
A bientôt, Helena et Ivan.
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