Voilà, ça c'est fait je peux le barrer de ma liste...
Milo m'avait un peu tanné, Luis et Federico m'avaient encouragé, et piqué de curiosité, j'ai traversé la ville jusqu'à sa sortie, mes seize kilos de brol et de bidules sur le dos.
J'ai tendu mon pouce à un carrefour, pas une voiture ne s'est arrêtée. Le plus sympa m'ont fait signe du bras, genre "coucou et bonne chance", ou bien: "désolé, on ne fait que tourner, on ne quitte pas le coin".
J'ai conclu que l'endroit n'était pas propice et j'ai poussé jusqu'à la grand-route qui mène à Bariloche, à 150 bornes. Au bout d'une demi-heure à tendre le pouce à m'en rompre une phallange, un vieux monsieur s'arrête, me fait signe que non, rentre dans une maison en face sur la route, en ressort et me dit: "je ne vais que 7 km plus loin, mais si ça vous dit...."
Je monte, et le sort en est jeté. On papote un peu (avis aux amateurs: il vend son terrain de 104 hectares parce qu'il ne supporte plus la rigueur des hivers dans le coin) et un quart d'heure plus tard, je me retrouve comme un crétin en bord de route, au milieu de nulle part (il y a trois cabanes alentour), sous le cagnard, à jongler avec des cailloux que je jette dés qu'une voiture pointe le bout du nez à l'horizon - c'est-à-dire rarement. Et bien sûr, personne ne s'arrête...
Au bout de deux heures, je commence doucement à me demander ce qui m'a pris, et j'envisage de bouffer mes trois cailloux pour m'étouffer avec une bonne fois pour toutes.
Quand soudain... il arrive dans son gros camion blanc, comme Zorro (oui, bon, l'analogie est assez vague, je l'admets): je gesticule, il s'arrête.
- "ze vais à Bariloche, m'sieur"
- "hé ben, monte, hein, gamin!"
Et voilà, deux bonnes heures de papote avec Jorge, 35 ans, marié, trois filles, routier depuis dix-sept ans, et bien sympa!! Il m'apprend entre autres que ce qui casse les pare-brises, le plus souvent, ce ne sont pas les pierres mais les brusques changements de température. Comme ça, je ne mourrai pas (complètement) idiot.
Il me laisse à 8 km de la ville. Arrivé au barrage de police un km plus loin, le gag stupide: je demande au flic en faction s'il n'y a pas un bus urbain qui parcourt cette route. Petit sourie narquois de l'officier qui me répond: "si, celui-là". Je me retourne; un bus arrive en effet à hauteur du barrage, je grimpe, et je rigole tout seul sur mon siège, mon gros sac sur les genoux.
Dans l'auberge un peu pourrave recommandée par Fede et Luis, j'ai rencontré Gerardino. Ingénieur agronome de formation, cet homme m'explique beaucoup de choses sur l'Argentine avec sagesse et acuité. Je comprends mieux ce que d'autres avant lui ont essayé de me dire.
L'histoire de ce pays, sa situation économique, sont à la fois fascinantes et peu encourageantes.
Heu, mais il est un peu tard pour poursuivre sur ce terrain-là.
Il y a un groupe de musiciens équatoriens qui logent dans cet hostal. J'ai jeté un coup d'oeil à leur tambouille: poulet bouilli, riz et patates, nageant dans un bouillon très clair et vraisemblablement insipide. Ca me rappelle des souvenirs... J'espère qu'il joueront un peu demain.
La ville a l'air morte. Faut dire que c'est une station de ski au printemps...
A priori, vais grimper sur un sommet, faire un tour sur une île lacustre, hop-hop, en deux jours, et bonsoir marguerite! En auto-stop?
Always make a wish when it's your first time, they say, for anything!
I never hitch-hiked before, not until today!!
I knew Argentina was a country with a tradition for hitch-hiking, but I had to meet people who actually experienced it to try it and see for myself.
First, in the outskirts of the city, I felt pretty stupid sitting on my bag at the corner of the street with my thumb up, but (can you believe this?) even though I put on my nicest smile, no one would stop for me.
I ventured farther out of town, and eventually, an old man advised he could take me 5 more miles away from the center. Only when we arrived at his destination, which was in the very heart of the middle of nowhere (three cabins around and that's it), I began to wonder if I made the right decision. So you can imagine my state of mind, two hours and about fifty cars later. Gimme a tree, a rope and a horse, and let's end this madness right now!!!
Guess I had something to learn about patience... prince charming eventually showed up with his big white monster truck. He looked a bit like Shrek, by the way. Which made him twice as sympathetic to me! And I must have been... Donkey!!!!! "On the road again... on the road again..."
Two hours of chatting, and a flattering question that's coming over more and more frequently: where did you learn to speak spanish so well? Well, it's quite easy: I do speak French, so I just say the words in my mother tongue and I just add an "o" or "a" at the end and everyone understands me! Elementaro! (no, I don't think it works for that one...).
I didn't take a picture of Jorge and his truck, which I deeply regret.
But I'm glad I could share this exciting episode of my life with you. I will try to get some sleep now, as tomorrow will very likely be another day of trekking in a mountain...
See ya!
2 commentaires:
I am following blog and feel impressed.
Today I was informed that I will not go to Mumbai for conference on march. Anyway I have a substitute of travelling in your blog JC:)
Hope you will show me all the pictures from Argentina when you will be back.
Hugs from Poland
Hello le tout beau ! Super voyage me semble !! En tout cas, je sais pas si on te manque à ce point ... que tu vas régulièrement dormir chez des amis "de la famille" ... hi hi hi
Philippe D
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